Extrait n°2 [brouillon]

Marie s’arrêta et s’assit sur le muret. J’en fis de même.Il y avait un peu de vent et une mèche de cheveux virevoltait tantôt glissant sur l’aile de son nez, tantôt sur la peau de son front. Elle avait cet air apaisé comme elle avait pu l’avoir quelques matins dont la mémoire s’était incrustée dans mon cerveau. J’étais tenté de m’approcher, de la sentir plus proche de moi. J’aimais son odeur dans ces instants-là.

Elle dut le sentir et retourna son regard sur moi, l’air moitié rebelle, moitié amoureuse. Le contour de ses lèvres et la position de sa langue coincée entre ses incisives avants rendaient un reflet d’espièglerie naturelle qui me faisait encore fondre, même avec les années.

“Le problème, tu vois, c’est que quand tu m’embrasses, j’ai l’impression que c’est l’humanité entière que tu embrasses, sauf moi.”

Elle fait une pause.

“Je ne sais même pas si c’est un problème, en réalité.” fait-elle avec un sourire faux.

“Léa, viens-là, s’il te plaît.”

Je ne dis rien. Moi aussi, j’aurais presqu’envie de sourire si je ne sentais pas ce fossé de la même manière.

Léa qui était partie jouer un peu plus loin, revint tenant un caillou dans sa main.

“Tiens, tu peux me le garder ? C’est pour construire ma maison…”

Je le pris. Les choses se superposaient dans ma tête et me rendait l’impression d’une situation inextricable. J’étais à ma place, c’était peut-être ça, la réalité. Celui qui garde les cailloux pour construire la maison. Une maison qu’il n’habitera pas en aucune façon.


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